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LES DIVIDENDES MINIERS EXPLOSENT À 41,4 MILLIARDS

Les recettes de l’État connaissent une hausse spectaculaire de 126% par rapport à la moyenne annuelle observée sur les quatre dernières années. Cette performance génère également des recettes fiscales substantielles

    (SenePlus) – Selon le nouveau rapport de la Société des Mines du Sénégal (SOMISEN), les dividendes perçus par l’État sénégalais dans le secteur minier ont atteint un niveau record de 41,425 milliards de FCFA au titre de l’exercice 2025, soit une hausse spectaculaire de 126% par rapport à la moyenne annuelle observée sur les quatre dernières années.

    Le secteur minier occupe une position centrale dans l’économie sénégalaise. En 2023, il « a contribué pour 4,72% au PIB, 31,89% des exportations totales et 9,4% des recettes de l’État », selon les données du rapport ITIE citées dans le document de SOMISEN. Paradoxalement, « son impact sur l’emploi reste faible, avec une contribution de 0,16% ».

    Cette performance économique contrastait jusqu’à récemment avec une faible rentabilité des participations étatiques. Le rapport souligne que « les dividendes perçus par l’État demeurent la source la moins valorisée, représentant à peine 8% des revenus générés par le secteur extractif selon le rapport ITIE 2023 ».

    L’analyse des données sur la période 2021-2024 révélait une progression irrégulière des dividendes versés à l’État. Partant de 3,82 milliards de FCFA en 2021, les montants avaient culminé à 29,772 milliards en 2023 avant de redescendre à 23,165 milliards en 2024, établissant une moyenne de 18,326 milliards de FCFA par an sur cette période.

    Le bond de 2025 représente donc « plus du double de la moyenne des quatre années, et 18,1 milliards de FCFA en hausse par rapport à l’année précédente », précise le rapport SOMISEN.

    Au-delà des dividendes directs, cette performance génère des recettes fiscales substantielles pour l’État. La distribution de dividendes « débouche sur le paiement de l’IRVM (Impôt sur le revenu des valeurs mobilières) », explique le document. Ainsi, « le montant global des dividendes payés aux actionnaires a généré 29,532 milliards de FCFA de recettes pour l’IRVM », portant le résultat cumulé de la distribution à « 70,957 milliards de FCFA ».

    Une stratégie de gouvernance renforcée

    Cette amélioration spectaculaire s’explique par une refonte de la politique actionnariale de l’État. Le rapport attribue les précédents résultats décevants « non seulement par la faiblesse des parts détenues dans la plupart des sociétés minières mais surtout par l’absence d’une politique actionnariale claire, proactive et stratégique ».

    Les résultats de 2025 traduisent selon SOMISEN « les effets positifs de la stratégie engagée pour renforcer le rendement des participations publiques dans le secteur extractif ».

    Pour SOMISEN, ces performances s’inscrivent dans un contexte plus large de « renforcement de la mobilisation des recettes issues du secteur extractif ». L’enjeu pour l’État du Sénégal est désormais « d’améliorer progressivement la gouvernance des sociétés minières, en valorisant davantage ses participations ».

    Cette stratégie vise à assurer « une meilleure préservation des intérêts publics dans les choix stratégiques, tout en assurant une contribution optimale à la mobilisation des ressources endogènes dans un contexte de redressement ».

    Les entreprises minières opérant au Sénégal sont soumises à divers prélèvements, notamment « les impôts directs et indirects, tels que l’impôt sur les sociétés (IS), la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) », ainsi que « la redevance minière, calculée sur la base de la valeur des produits extraits ».

    Cette transformation de la gouvernance minière sénégalaise illustre la volonté des autorités de maximiser les retombées économiques du secteur extractif, dans un contexte où l’optimisation des ressources publiques constitue un enjeu majeur de développement.

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