Face aux violences politiques et au traumatisme national, Thierno Lo appelle à une Commission de vérité et réconciliation pour guérir les blessures, reconnaître les victimes et tracer la voie d’un Sénégal uni, stable et prospère.
Pour une sortie de crise honorable
Au Sénégal, nous disons vouloir la justice, mais comment la réclamer lorsque, dans le même temps, certains attisent la haine contre les forces de défense et de sécurité, alimentent un conflit entre l’exécutif et le judiciaire, et appellent à démanteler le Conseil constitutionnel ? Comment atteindre cet idéal de justice quand des aveux surgissent de toutes parts : des leaders politiques reconnaissent avoir financé ou encouragé des violences, des militants assument avoir donné des ordres qui ont coûté la vie à des innocents, et des responsables affirment que nombre de morts n’étaient pas du fait des FDS. Alors, qui les a tués ?
Dans ce chaos d’aveux, d’accusations croisées et de sang versé, une loi d’amnistie est venue clore le dossier, sans vérité pour les familles, sans reconnaissance pour les blessés, sans réparation pour une République balafrée. Les parents pleurent leurs enfants, certains jeunes ont perdu leurs membres ou leur avenir, et la société toute entière est traumatisée.
Face à ce désastre partagé, je le dis avec lucidité : juger équitablement devient presque impossible. Mais il n’est pas trop tard pour guérir. Il faut panser les blessures, prier pour les disparus, accompagner les familles, soigner les survivants, offrir un appui psychologique et, surtout, comprendre pourquoi le Sénégal jadis modèle de stabilité est devenu le théâtre de scènes dignes de républiques bananières.
La seule voie de salut est le courage, la sérénité et l’humilité. J’appelle à la création d’une Commission nationale de clarification. Une instance de vérité et de réconciliation, non pas pour raviver les haines, mais pour mettre à plat les responsabilités, reconnaître les victimes, et refermer la plaie. Ce travail de vérité permettra aux nouvelles autorités de se concentrer sur l’essentiel :
• sécuriser les biens et les personnes,
• relancer l’économie,
• éduquer et former la jeunesse,
• soigner et nourrir le peuple,
• redonner aux Sénégalais le droit de rêver ensemble.
Toute autre voie ne mènerait qu’à l’échec et aux regrets.



